09/08/2007

Combat

 

Le vent peut bien fouetter mon visage meurtri

Et me fermer les yeux.

Il peut, de sa main fluide, accrocher mes cheveux,

Je marche ! Malgré lui !

 

Je me ris de la pluie qui me mouille la peau

Et qui croit, de ses traits

Dirigés contre moi, me forcer à l’arrêt,

Je vais ! Le temps est beau !

 

Au diable mes pieds nus et les mauvais chemins !

Qui montrent leurs cailloux

Comme des crocs puissants, de ma ferveur, jaloux.

Je lutte pour demain !

 

Les buissons épineux, tapis dans l’ombre sortent

Leurs griffes sur ma route

Mais ne connaîtront pas la joie de ma déroute.

Je vais ! Mon âme est forte !

 

Que flagelle la pluie et que gronde le vent !

Que mordent les cailloux !

Que geignent mes pieds nus ! Que coule mon sang fou !

J’irai droit de l’avant !

  

Guibert BODART, poèmes de jeunesse (1950-1960).

 

Ce moi d’alors,

     Dans sa nymphe étriquée d’adolescence,

Révolte à fleur de peau pour n’avoir pas le droit

De dire un mot à soi sans qu’on dise tais-toi !

Je ne le renie pas !

 

Ce moi d’alors,

Fragile et rougissant aux filles qui dansent,

L’amour à fleur de lèvre aussitôt ravalé

Pour n’avoir pas le droit de pouvoir en parler.

Je ne le renie pas !

 

Ce moi d’alors,

Ruant aux brancards, rageant d’impuissance,

Comme un mustang bridé qui subit le dressage

Rêvant révolution, déflagration sauvage.

Je ne le renie pas !

 

Ce moi d’alors,

    A ce moi d’ici, prit de souvenance,

Revenu au bercail et rentré dans le rang,

Pourra-t-il pardonner le virage rentrant ?

C’est toute la question.

 

Guibert BODART, 10.08.2007.

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08/08/2007

Les poteaux

 

Poteaux géants, membrés de fer,

Bien boutonnés par vos rivets,

Vos silhouettes volontaires

Dressent au vent, au vent mauvais,

Leurs bras rouillés, au vent d’hiver.

 

Vous supportez ces fils de cuivre

Où file, file un puissant fluide,

Comme un vent fou, un courant ivre

Qui glisse au long du fil rigide,

Blanche lumière et joie de vivre.

 

Mais des oiseaux, sur ce fil d’or,

Viennent briser leurs ailes frêles.

Et dans le vent qui souffle et mord,

Leurs corps s’en vont, petits et grêles,

Au vent d’hiver soufflant la mort.

 

Courant, courant, courant toujours,

Le fluide feu au long du fil

Glisse, glisse, glisse toujours

Sur son filin, droit vers la ville

Où on l’attend pour mettre au four

La pâte molle du froment,

Qui est venu tout droit des champs,

Où sont plantés, têtes au vent,

Les grands poteaux aux bras puissants.

 

Guibert BODART, poèmes de jeunesse (1950-1960).

 

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29/06/2007

Mémoire foetale

Mémoire foetale

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