23/01/2008

L'eau, le ciel et la libellule

L'eau de la mare
    

Un jour, l’eau de la mare,

En a eu marre

D’être dans l’eau.

 

Ce n’était qu’une eau de surface,

Plate, sans vagues, sans audace.

Derrière d’épais rideaux,

Le ciel la regardait de haut

Se servant d’elle comme d’un miroir.

 

Alors, elle grimpa sur un roseau,

Se mit des ailes d’aventurière

Et se jeta dans la lumière. 

     Guibert BODART juin 2007.

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25/10/2007

Le temps de le dire...

 

    

"Il est déjà c't'heure là !". Je l'entends souvent dire

Et je le dis aussi, chaque fois sidéré

Par la plongée du  temps  qui me fait rebondir

De matins en midis et de jours en soirées.

 

"Depuis quand est-il mort ?"... "En êtes-vous bien sûr ?"...

"C'est comme si c'était hier"..."Je vous l'assure,

Un an !" ou deux ou dix. "Non!". On n'en revient pas...

Et, forcément, le mort non plus, de son trépas.

 

Et les enfants, beaucoup trop tôt devenus grands !

Incrédule constat, comme si le bébé

Du jour au lendemain s'était laissé tomber

Des bras de sa maman dans ceux de son amant.

 

Mais à contrario, n'a-t-on pas dit parfois :

"Vivement demain" ou "plus que deux fois dormir",

Et "Quand je serai grand..."? Long et court à la fois

Suivant l'âge ou l'humeur, passé ou à venir,

 

Le temps se joue de nous, lui qui n'est pas pressé

Et qui ne comprend pas ce qui nous a poussé

A mesurer son cours, à lui donner un âge

Et n'en plus faire ainsi qu'un sinistre voyage.

 

Guibert BODART, 25.10.2007.

 

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27/09/2007

Errance

 

Entre les pieds ligneux des troënes dorés

Aux feuilles panachées où le ciel a coulé

Le trop-plein de son or -- à même le terreau

Et sur le béton froid du mur blanchi de chaux --

 

Sous le haut châtaignier d'où tombe une ombre fraîche

Où le chien paresseux tend la patte et se lèche --

Parmi les brins jaunis d’une herbe souffreteuse

Où vient par habitude un pousseur de tondeuse --

 

Un peuple indifférent aux allées et venues

Des grands pieds à semelle se laisse écrabouiller.

Un peuple silencieux à mon ouïe tendue

Comme s’il redoutait mes yeux écarquillés,

 

Le peuple des fourmis, trottant à ses affaires

Tel une foule en ville au monde des humains,

Le peuple des fourmis, comme nous sur la terre,

Va, comme s'il savait où conduit son chemin.

Guibert BODART, 27.09.2007.

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