08/08/2007

Les poteaux

 

Poteaux géants, membrés de fer,

Bien boutonnés par vos rivets,

Vos silhouettes volontaires

Dressent au vent, au vent mauvais,

Leurs bras rouillés, au vent d’hiver.

 

Vous supportez ces fils de cuivre

Où file, file un puissant fluide,

Comme un vent fou, un courant ivre

Qui glisse au long du fil rigide,

Blanche lumière et joie de vivre.

 

Mais des oiseaux, sur ce fil d’or,

Viennent briser leurs ailes frêles.

Et dans le vent qui souffle et mord,

Leurs corps s’en vont, petits et grêles,

Au vent d’hiver soufflant la mort.

 

Courant, courant, courant toujours,

Le fluide feu au long du fil

Glisse, glisse, glisse toujours

Sur son filin, droit vers la ville

Où on l’attend pour mettre au four

La pâte molle du froment,

Qui est venu tout droit des champs,

Où sont plantés, têtes au vent,

Les grands poteaux aux bras puissants.

 

Guibert BODART, poèmes de jeunesse (1950-1960).

 

19:52 Écrit par Guibert dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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